Les rongeurs : qui est qui et qui mange quoi ? Et quels sont les moyens de lutte contre ces ravageurs.

Bien souvent, nous entendons parler de noms tels que mulot, surmulot, ratte, campagnol… pour ces petits rongeurs qui mangent les racines de nos légumes.

Mais qui se cache derrière ces noms et qui est ce ravageur redoutable, coupable d’important dégâts dans nos potagers ?

 

Le campagnol des champs (Microtus arvalis Pallas) : c’est un omnivore de petite taille (9 à 12cm) qui mangent ce qui est surtout en surface du sol (herbes, luzerne, céréales, racines et parfois des insectes). Il dessine des galeries dans l’herbe. Il évite les prairies très humides et les grandes herbes. On peut compter 3-4 portées annuelles de 8 petits. Les pullulations sont épizootiques (cycle de 3 à 5 ans, issues de saisons favorables (hiver doux, nourriture abondante), puis pic maximum, s’effondrent brusquement pour remonter progressivement.

 

 

Le campagnol terrestre  (Microtus agrestris) : Appelé également rat taupier. Il est plus gros (12 à 22 cm) et plus redouté. Il est végétarien et mange tous les jours sont équivalent en poids de racines. C’est surtout lui qui est le coupable de destructions importantes des racines tant potagères que de jeunes arbustes. Il vit et se reproduit dans des galeries souterraines (parfois empruntées aux taupes). La reproduction a lieu de mars à octobre. On compte 2 à 5 portées annuelles de 4 à 6 petits. L'espèce pullule de façon périodique, la forme terrestre peut atteindre une densité de 1 000 à 1 500 individus par hectare et fait alors de nombreux dégâts !

 

 

Mulot sylvestre ou Souris de terre, Rat sauteur (apodemus sylvaticus) : se caractérise par un corps entre 7 et 15 cm et une queue de 10cm. Il est largement représenté dans toutes ou presque toutes les zones boisées d'Europe. Il fréquente également d’autres milieux (lisières de forêt, haies, champs, parcs et jardins). A l’automne, il a tendance à se réfugier dans les habitations. Il est nocturne. . Il creuse en général un terrier peu profond, mais peut s’installer également dans des cavités existantes (trou de mur, nichoir à oiseau…) Il consomme essentiellement des graines mais également des bourgeons, des fruits, des champignons et des invertébrés. Dégâts : le mulot consomme et stocke les graines de céréales, betteraves lors des semis. Il consomme divers aliments entreposés (fruits, graines, tubercules…) et peut aussi dégrader des matériaux d’isolation.

 

 

Surmulot, ou Rat brun, Rat d'égout (Rattus norvegicus) : Il vit au contact des humains et plus particulièrement dans les espaces urbains équipés d'égouts. C'est un animal nocturne, omnivore à tendance carnivore qui se nourrit des déchets des citadins. L'essentiel des surmulots nichent dans les égouts, qui leur offrent un abri dépourvu de prédateurs et des opportunités de nidification, d'où le nom de «rat d'égout».

De tous ces rongeurs, c’est bien le Campagnol terrestre, appelé également rat taupier, qui est le réel glouton dévastateur pouvant faire d’énormes dégâts dans nos jardins.

Facteurs favorables pour la prolifération du Campagnol terrestre :

     -          Présence d’une couverture végétale sur le sol, comme le paillis, surtout en hiver.

     -          Absence d’arbres ou de haies (les prédateurs naturels des campagnols ne peuvent s'approcher de leurs proies. Il faut savoir que les campagnols ne circulent pas seulement sous terre. Parmi les prédateurs, on compte les rapaces (buses, hiboux, chouettes...), les pies, les corbeaux, les renards, les chats (domestiques et sauvages), les belettes, les fouines et les hermines (des spécialistes !) et même les hérissons !

     -          Un sol qui n’est jamais retourné (le campagnol n’aime pas d’être déranger)

Comment distinguer les galeries des taupes et celles des campagnols ?

Le monticule fait par un campagnol est moins régulier qu'une taupinière, qui est plutôt conique. La galerie d'une taupe part du milieu de la taupinière et descend à la verticale, tandis que celle d'un campagnol part de biais, puis continue à l'horizontale. Mais le travail d'observation peut devenir très compliqué, lorsque les rats taupiers empruntent les galeries des taupes !

Moyens de Lutte « douce » :

     -          Implantez une haie, former un tas de pierres (belettes, fouines), installer des perchoirs et des nichoirs à rapaces en bordure de la zone infestée ou accueillir un chat sont donc les premières actions à mener.

     -          dérangez, le plus possible, le campagnol dans ses déplacements, pour l'amener à déménager plus loin (détruire les galeries dès quelles sont repérées avec une grelinette ou une fourche bêche. Si l'opération est délicate au milieu des cultures, faites-le systématiquement dans les allées et autour du potager.

     -          Entamez la chasse aux taupes par des répulsifs, car les galeries de celles-ci facilitent grandement le déplacement des campagnols.

     -          Utilisez les répulsifs tels que le purin de sureau ou d’extrait d’ail. Les campagnols seront dérangés par l’odeur et iront plus loin. Petit problème de taille, c’est qu’ils peuvent revenir un peu plus tard avec une famille agrandie !!! A moins que de répéter régulièrement l’application des répulsifs…

Le piégeage (plus radical mais plus rapide)

Le principal moyen de lutte, associé à certaines mesures préventives, reste le piégeage.

Pour protéger les vergers et les potagers contre les dégâts du campagnol, il est efficace de ne pas laisser de paillage en hiver et de  pulvériser de l'ail sous forme d'extrait comme répulsif.

Quant au piégeage, qui reste le moyen le plus efficace pour se débarrasser des campagnols, c’est le piège suisse Topcat qui est le plus fiable. Il est à la fois simple d’utilisation et fonctionne avec un déclencheur extrêmement sensible (l'animal est tué sur le coup). Seule contrainte : il faut relever les pièges au moins une fois dans la journée.

 


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