Maladies des tomates : comment les reconnaître et les prévenir ?

Taches sur les feuilles, fruits qui noircissent, feuilles jaunes, tomates qui éclatent ou fleurs qui tombent… Les problèmes rencontrés sur les plants de tomates ne sont pas toujours faciles à identifier.

Certains sont provoqués par des champignons, oomycètes, bactéries ou virus. D'autres sont simplement des troubles physiologiques liés à l'eau, à la température, à la nutrition ou aux conditions de culture.

Avant de chercher un traitement, la première étape consiste donc à identifier correctement l'origine du problème.

Voici les principales maladies et anomalies rencontrées sur les tomates, les symptômes qui permettent de les reconnaître et les mesures permettant de réduire les risques.

Comment prévenir les maladies des tomates ?

La tomate peut parfaitement être cultivée en pleine terre en Belgique et dans le nord de la France. Certaines années sont néanmoins beaucoup plus favorables aux maladies que d'autres.

Un été chaud et relativement sec limite certaines maladies foliaires tandis qu'une succession de périodes douces et humides peut favoriser leur développement.

Quelques pratiques permettent de réduire considérablement les risques.

Favoriser une bonne circulation de l'air

Évitez de planter les tomates trop serrées.

Une bonne circulation de l'air permet au feuillage de sécher plus rapidement après la pluie ou la rosée et limite ainsi les conditions favorables à plusieurs maladies.

Sous serre ou tunnel, une bonne ventilation est particulièrement importante.

Arroser au pied

Évitez autant que possible de mouiller régulièrement le feuillage.

Arrosez directement le sol au pied des plantes, idéalement le matin ou lorsque les conditions permettent à l'humidité résiduelle de sécher rapidement.

Un système de goutte-à-goutte peut être particulièrement intéressant.

Maintenir un arrosage régulier

L'irrégularité des apports en eau n'est pas seulement problématique pour la croissance.

Elle favorise également plusieurs troubles physiologiques comme la pourriture apicale et l'éclatement des fruits.

L'objectif n'est pas de maintenir constamment le sol détrempé, mais d'éviter les alternances brutales entre sécheresse importante et apport massif d'eau.

Éviter les excès d'azote

Une fertilisation azotée excessive produit des plantes très vigoureuses et beaucoup de feuillage.

Ce développement végétatif important peut augmenter la densité du couvert et favoriser certains problèmes sanitaires, tout en déséquilibrant parfois la fructification.

Utiliser des plants et des semences sains

Certaines maladies peuvent être introduites par les semences, les plants ou du matériel contaminé.

Utilisez des semences de qualité, observez vos plants avant leur plantation et nettoyez régulièrement les outils et tuteurs utilisés au potager.

Pratiquer une rotation

Évitez lorsque c'est possible de cultiver chaque année tomates, pommes de terre, aubergines et autres Solanacées exactement au même endroit.

La rotation ne protège pas de toutes les maladies, notamment celles dont les spores arrivent par voie aérienne, mais elle contribue à limiter l'accumulation de certains organismes pathogènes présents dans le sol ou les résidus végétaux.

Mildiou de la tomate

Le mildiou est probablement la maladie la plus redoutée des jardiniers cultivant des tomates.

Il est provoqué par Phytophthora infestans, un oomycète — un organisme proche des champignons dans son mode de vie mais appartenant à un groupe biologique différent.

Son développement est fortement favorisé par des périodes suffisamment humides associées à des températures modérées.

Comment reconnaître le mildiou ?

Les premiers symptômes apparaissent généralement sur les feuilles :

  • Taches irrégulières d'aspect humide puis brunâtre.
  • Dessèchement progressif des feuilles.
  • Duvet blanchâtre parfois visible sous les feuilles lorsque les conditions sont très humides.
  • Lésions brunâtres sur les tiges.
  • Taches brunes et fermes sur les fruits.

Lorsque les conditions restent favorables, la maladie peut progresser extrêmement rapidement.

Comment limiter le mildiou ?

La prévention reste essentielle :

  • Espacer suffisamment les plants.
  • Ventiler correctement les serres.
  • Éviter de mouiller inutilement le feuillage.
  • Retirer rapidement les parties fortement atteintes.
  • Éliminer les résidus contaminés.
  • Éviter les excès d'azote.

Le mildiou étant un sujet à part entière, consultez notre guide consacré au mildiou de la tomate et aux moyens de prévenir et limiter son développement.

Alternariose de la tomate

L'alternariose, parfois appelée brûlure alternarienne, est notamment associée au champignon Alternaria solani.

Elle apparaît souvent d'abord sur les feuilles les plus âgées.

Comment la reconnaître ?

Les lésions sont généralement :

  • Brunes à noires.
  • Plus ou moins circulaires.
  • Marquées de cercles concentriques caractéristiques.

Lorsque la maladie progresse, les feuilles jaunissent autour des lésions puis peuvent se dessécher.

Les tiges et les fruits peuvent également être touchés.

Sur les fruits, les lésions apparaissent souvent près du pédoncule et peuvent devenir foncées et déprimées.

Comment la prévenir ?

La prévention repose notamment sur :

  • L'élimination des résidus de culture fortement contaminés.
  • Une rotation avec des cultures autres que les Solanacées.
  • Une bonne circulation de l'air.
  • Un arrosage évitant de mouiller régulièrement le feuillage.
  • L'utilisation de semences et de plants sains.

Botrytis ou pourriture grise

Le botrytis, provoqué principalement par Botrytis cinerea, est particulièrement favorisé par une humidité élevée.

Il est fréquemment rencontré sous serre ou tunnel lorsque la ventilation est insuffisante.

Quels sont les symptômes ?

Le signe le plus caractéristique est l'apparition d'une sporulation grise et duveteuse sur les tissus atteints.

La maladie peut toucher :

  • Les feuilles.
  • Les tiges.
  • Les fleurs fanées.
  • Les fruits.

Les blessures causées lors de la taille ou de l'effeuillage peuvent constituer des portes d'entrée pour le champignon.

Comment réduire le risque ?

Aérez correctement les cultures sous abri, évitez les plantations trop denses et retirez les tissus fortement atteints.

Lorsque vous taillez les tomates, utilisez du matériel propre et évitez autant que possible de travailler sur des plantes mouillées.

Oïdium de la tomate

L'oïdium est moins emblématique de la tomate que le mildiou, mais il peut également apparaître.

Selon les espèces responsables, les symptômes peuvent différer.

On observe généralement des zones chlorotiques ou jaunâtres sur les feuilles et, dans certains cas, un développement blanchâtre caractéristique.

Contrairement au mildiou, certains oïdiums n'ont pas besoin d'eau libre sur la feuille pour se développer.

Une bonne ventilation et l'élimination des feuilles fortement atteintes contribuent à limiter son développement.

Maladies bactériennes des tomates

Plusieurs bactéries peuvent provoquer des maladies chez la tomate.

Parmi les principales figurent notamment :

  • Le chancre bactérien.
  • La moucheture bactérienne.
  • La tache bactérienne.

Le diagnostic précis peut être difficile car certains symptômes se ressemblent.

Quels symptômes doivent alerter ?

Selon la maladie, on peut observer :

  • Petites taches noires sur les feuilles.
  • Halo jaune autour des lésions.
  • Nécroses du bord des feuilles.
  • Taches sur les fruits.
  • Flétrissement d'une partie de la plante.
  • Lésions ou chancres sur les tiges.

Les bactéries peuvent notamment être disséminées par les éclaboussures d'eau, les outils ou le matériel contaminé.

Il n'existe généralement pas de solution curative simple une fois une infection bactérienne importante installée.

La prévention est donc essentielle : semences et plants sains, hygiène du matériel, rotation et limitation des éclaboussures entre plantes.

Virus des tomates

Différents virus peuvent également infecter les tomates.

Les symptômes sont très variables :

  • Déformations des feuilles.
  • Jaunissement.
  • Mosaïques.
  • Croissance ralentie.
  • Déformations des fruits.

Certains virus sont transmis par des insectes vecteurs comme les aleurodes ou les pucerons, tandis que d'autres peuvent être transmis mécaniquement.

Lorsqu'une maladie virale est réellement suspectée, il est généralement préférable d'éliminer la plante fortement atteinte plutôt que d'espérer la guérir.

Mais attention : une feuille déformée ou jaune ne signifie pas automatiquement qu'un plant est atteint d'un virus. Les problèmes d'arrosage, de température ou de nutrition peuvent provoquer des symptômes similaires.

Le cul noir de la tomate : une maladie ?

Pourquoi les feuilles de tomates jaunissent-elles ?

Le jaunissement des feuilles est un symptôme particulièrement peu spécifique.

Il peut avoir de nombreuses causes :

  • Vieillissement naturel des feuilles inférieures.
  • Excès ou manque d'eau.
  • Mauvais fonctionnement des racines.
  • Carence nutritive.
  • pH du sol inadapté.
  • Maladie.
  • Stress thermique.

La localisation du jaunissement donne déjà des informations importantes.

Une chlorose ferrique se manifeste généralement davantage sur les jeunes feuilles, avec un jaunissement du limbe tandis que les nervures restent relativement vertes.

Une carence en magnésium apparaît plutôt sur des feuilles plus âgées.

Il faut donc éviter d'ajouter automatiquement du fer dès qu'une feuille de tomate devient jaune.

Commencez par observer l'ensemble de la plante et les conditions de culture.

Pourquoi les tomates éclatent-elles ?

Les fissures et éclatements sont généralement liés à des variations rapides dans la croissance du fruit.

Après une période relativement sèche, un apport important d'eau peut provoquer une absorption rapide. L'intérieur du fruit augmente alors de volume plus rapidement que son épiderme ne peut s'adapter.

Des fissures apparaissent, souvent autour du pédoncule ou radialement.

Certaines variétés sont naturellement beaucoup plus sensibles que d'autres.

Pour réduire le risque :

  • Maintenez une humidité relativement régulière.
  • Paillez le sol.
  • Évitez les arrosages massifs après une longue période sèche.
  • Récoltez les fruits proches de la maturité avant de très fortes pluies lorsque cela est pertinent.

Pourquoi certaines tomates restent-elles jaunes ou vertes près du pédoncule ?

Différents troubles peuvent provoquer une maturation irrégulière.

On peut notamment observer un collet jaune ou vert : la partie située autour du pédoncule reste verte, jaune ou dure alors que le reste du fruit mûrit.

La variété joue un rôle important, mais les températures élevées et certains déséquilibres nutritionnels peuvent également intervenir.

Une exposition excessive des fruits au soleil peut accentuer certains problèmes de coloration.

Il faut donc éviter un effeuillage excessif qui expose brutalement les tomates au rayonnement solaire.

Coup de soleil sur les tomates

Les fruits fortement exposés au soleil peuvent subir une insolation.

Des zones blanchâtres à jaunâtres apparaissent généralement sur la partie directement exposée.

Les tissus peuvent ensuite devenir plus fragiles et être colonisés par des organismes responsables de pourritures secondaires.

Ce phénomène survient particulièrement lorsque des fruits auparavant protégés sont soudainement exposés après un effeuillage important.

Pour limiter le risque :

  • Conservez suffisamment de feuillage autour des fruits.
  • Évitez les effeuillages excessifs en période de forte chaleur.
  • Utilisez éventuellement un ombrage temporaire sous serre pendant les épisodes extrêmes.

Ajouter davantage d'azote pour produire artificiellement plus de feuillage n'est en revanche pas une bonne stratégie.

Pourquoi les fleurs de tomates tombent-elles sans produire de fruits ?

La chute des fleurs, ou coulure, est souvent un problème physiologique.

Les températures jouent notamment un rôle majeur.

Des nuits trop froides peuvent perturber la formation et le fonctionnement du pollen.

À l'inverse, lorsque les journées dépassent régulièrement environ 30 à 32 °C et surtout lorsque les nuits restent très chaudes, la qualité du pollen et la fécondation peuvent fortement diminuer.

La fleur sèche alors et tombe sans former de fruit.

Les grosses variétés peuvent parfois être particulièrement sensibles, tandis que certaines tomates cerises continuent à nouer dans les mêmes conditions.

La température influence cependant bien davantage que la floraison : elle intervient depuis la germination jusqu'à la maturation. Retrouvez notre guide complet sur l'influence de la température sur la croissance, la floraison et la fructification des tomates.

Tomates creuses ou mal formées

Une mauvaise pollinisation peut également produire des tomates présentant des cavités importantes et relativement peu de graines.

Ce phénomène peut être favorisé par :

  • Des températures trop basses ou trop élevées pendant la floraison.
  • Une humidité défavorable à la pollinisation.
  • Certains déséquilibres nutritionnels.
  • Les caractéristiques génétiques de la variété.

Il n'existe généralement rien à faire sur un fruit déjà formé. L'objectif consiste surtout à maintenir de bonnes conditions de culture pour les fleurs suivantes.

Face de chat : pourquoi certaines tomates sont-elles très déformées ?

La « face de chat » correspond à une malformation du fruit qui apparaît pendant la formation de la fleur.

Les tomates deviennent irrégulières, avec des cicatrices, creux et déformations parfois spectaculaires.

Les grosses tomates sont souvent davantage concernées.

Des températures basses pendant la formation des fleurs peuvent favoriser ce phénomène.

Le fruit reste généralement consommable si les tissus sont sains, même si son apparence est inhabituelle.

Enroulement des feuilles : faut-il s'inquiéter ?

Pas nécessairement.

Les feuilles de tomates peuvent s'enrouler en réaction à différentes conditions de stress :

  • Chaleur.
  • Sécheresse.
  • Excès d'eau.
  • Perturbation des racines.
  • Taille importante.

Certaines variétés présentent également naturellement davantage d'enroulement foliaire.

Si la plante reste vigoureuse, conserve une couleur normale et continue à produire, un léger enroulement n'est donc pas nécessairement préoccupant.

En revanche, s'il s'accompagne de jaunissement, de mosaïques, de déformations importantes ou d'un arrêt de croissance, une recherche plus approfondie de la cause est nécessaire.

Maladie ou problème physiologique : commencez par le diagnostic

Face à une tomate qui se développe mal, la tentation est souvent de chercher immédiatement un traitement.

C'est rarement la meilleure première réaction.

Commencez par observer :

  • Quelles parties de la plante sont touchées.
  • Si les symptômes commencent sur les jeunes ou vieilles feuilles.
  • Si plusieurs plants sont concernés.
  • La vitesse de progression.
  • Les conditions météorologiques des derniers jours.
  • L'humidité du sol.
  • Les éventuels changements récents d'arrosage ou de fertilisation.

Une maladie infectieuse qui progresse de plante en plante ne se gère pas de la même manière qu'un cul noir provoqué par un problème d'alimentation hydrique ou qu'une chute des fleurs liée à une canicule.

Identifier correctement le problème permet donc souvent d'éviter des traitements inutiles et d'intervenir beaucoup plus efficacement.

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