Bilan de cette saison potagère 2021 et 5 conseils pour le rendre plus résistant.

Trop de pluie ou trop de soleil; qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer au potager ?

Les aléas du changement climatique rendent les saisons de moins en moins prévisibles. Après des périodes de canicule et de sécheresse, nous venons de vivre un été pluvieux et froid. Le potagiste aguerri doit s’adapter constamment. Et la permaculture est un excellent remède pour protéger le potager des intempéries et ravageurs.

Pourquoi nos récoltes varient-elles d’année en année ? Les causes sont multiples, mais les remèdes sont assez faciles à mettre en place. Il n’y a pas raison de se démotiver.

1. L’état du sol

Cet été les pluies ont gorgé le sol d’eau. Si vous avez bien aéré la terre, l’eau aura pu y pénétrer en profondeur et fournir à la plante ce dont elle a besoin. Un légume est plus résistant lorsque ses racines se développent en profondeur. Il est alors moins sensible aux variations de température et d’humidité.

Si la plante a trop d’eau, elle risque de pourrir. Si elle manque d’air, elle risque de ne pas grandir. C’est pourquoi, si vous avez semé dans une terre argileuse et lourde, vos semis ont probablement pourri dans ce sol gorgé d’eau et les jeunes plants repiqués ont peu grandi parce que leurs racines manquaient d’air et de place pour se développer.


2. Le soleil et la chaleur

En semant dans les bonnes conditions, vous évitez les déconvenues. En cas de météo changeante, pensez toujours à ce dont la plante a besoin. Certains légumes n’apprécient pas la chaleur et la sécheresse, comme le radis ou l’épinard. C’est pour cette raison qu’on conseille de les semer au printemps et à la fin de l’été. Cet été vous avez néanmoins pu les semer quand vous vouliez car ils ont reçu l’eau et la fraicheur qu’il leur fallait…

Les légumes-racines (carottes, betteraves, navets, radis) et bon nombre de légumes à feuilles (comme la laitue, l’épinard, la roquette, le persil, les bettes, le cresson de jardin) n’aiment pas le plein soleil. Grâce à l’été maussade qu’on a eu, vous avez pu récolter de belles betteraves et la roquette ou les salades sont peu montées en fleurs.
Quant aux légumes du sud (comme la courgette, la tomate ou l’aubergine), ils ont besoin de soleil. Ce n’est donc pas étonnant que nous ayons eu moins de courgettes cet été que l’an passé. De même, la tétragone ou le haricot nain vert ont besoin d’une terre chaude (15°) pour germer, ils ont donc eu plus de mal à prendre cet été.

3. L’eau et l’arrosage

L'eau est évidemment indispensable à la bonne croissance des plantes et à la germination des semis. Mais encore faut-il arroser correctement. Si, en la touchant, vous sentez que la terre est humide à 10 cm de profondeur, pas besoin d’arroser davantage. De manière générale, n’arrosez jamais le feuillage des plantes, vous risquez de le rendre plus sensible aux maladies. C’est ce qui est arrivé cet été aux pommes de terre, aux tomates et aux vignes. Ces plantes ont été attaquées par le mildiou, et de manière d’autant plus forte quand elles étaient plantées serrées.

Lors de l’été précédent qui était très sec, c’est tout le contraire qui s’est produit : les tomates plantées à l’extérieur étaient magnifiques alors que celles cultivées en serre ont fort souffert de l’excès de chaleur. Les fleurs ont eu du mal à se transformer en fruit car le pollen s’est asséché, et la plupart des fleurs sont tombées car elles étaient desséchées. Ce n’était pas une question d’eau, mais bien de chaleur. Tout n’est donc qu’une question de dosage…


4. Les ravageurs

Lorsqu’on constate leurs dégâts, il est difficile d’apprendre à vivre avec les ravageurs sans vouloir les exterminer à tout prix. Pourtant, la plupart sont bien plus utiles qu’on ne le croit. Le meilleur exemple est la limace qui fut si envahissante cet été. Elle aide à maintenir le sol vivant en consommant les matières végétales de votre paillis et les petits animaux morts. Il faut donc essayer d’intervenir avec modération pour limiter sa présence grâce à des méthodes naturelle, sans l’éliminer complètement.

Ce mollusque a besoin d’humidité pour produire la bave qui l’aide à se déplacer. Lorsque la météo est pluvieuse, il est préférable d’attendre que le sol se réchauffe et devienne plus sec avant de semer afin d’éviter qu’il ne s’attaque d’abord aux semis et aux jeunes pousses repiquées. En diversifiant le contenu et en plantant des aromatiques comme du thym, du romarin, de la sauge vous créez une barrière odoriférante naturelle qui l’éloignera. Et en paillant le sol avec des matières végétales diverses vous favorisez la présence de ses prédateurs naturels, comme les oiseaux, les hérissons et d’autres insectes vivant dans le sol (carabes, staphylins, mille-pattes).

Les mauvaises herbes, plus joliment appelées herbes spontanées, ont bien poussé cet été… Vous avez même peut-être eu l’impression qu’elles poussaient mieux que vos légumes.
C’est normal, le climat froid et pluvieux leur convient très bien. Certaines d’entre elles (pissenlit, chardon, liseron, renouée, rumex,) se plaisent dans un sol compacté, lourd et gorgé d’eau. Or vous avez peut-être un peu oublié d’aérer votre terre et les pluies l’ont alourdie. D’autres (renoncule, pâquerette) ont tendance à s’installer dans une terre acide. Vous auriez dû mieux pailler votre sol pour éviter que les pluies ne l’acidifient.
Souvenez-vous de ces gestes simples, pensez à aérer et pailler votre sol la prochaine fois. Vous passerez moins de temps à lutter contre les mauvaises herbes.


5. L’idée ce n’est pas d’aller contre la nature mais de composer avec elle.

Un potagiste aguerri ne suit donc pas un calendrier de semis à la lettre. Il s’adapte à la météo. Il échelonne les plantations d’une même sorte de légumes pour étaler les récoltes et ne pas risquer de voir toute sa production détruite en une fois par un ravageur, la sécheresse ou la pluie. Il plante dans un sol aéré et vivant abritant une multitude d’insectes et de parasites qui nourrissent les ravageurs ou s’en nourrissent. Il diversifie le contenu en mélangeant les légumes aux aromates et aux fleurs pour créer un potager résilient, c’est à dire résistant.

Cet article a été rédigé en collaboration avec Stéphanie de Theux, architecte potager.

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