Que faire au jardin la deuxième quinzaine de septembre?
La deuxième quinzaine de septembre marque une transition importante au potager. Les cultures d’été ralentissent, les nuits deviennent plus fraîches et l’humidité revient progressivement. Il reste néanmoins plusieurs légumes à semer pour l’automne et l’hiver. C’est aussi le bon moment pour protéger les cultures encore en place, récolter les légumes arrivés à maturité et préparer le sol pour la saison suivante.
Les périodes de semis peuvent varier selon la région et la météo. En Belgique et dans le nord de la France, privilégiez les variétés résistantes au froid et, pour les semis les plus tardifs, une culture sous serre, sous châssis ou sous tunnel.
Quels légumes semer fin septembre ?
Même si la saison avance, plusieurs légumes à croissance rapide ou résistants au froid peuvent encore être semés. Retrouvez également notre sélection complète de graines de légumes à semer en arrière-saison.
Les semis en pleine terre
Vous pouvez encore semer directement au potager :
- Les mâches ;
- Les radis de tous les mois ;
- Les épinards d’hiver ;
- La roquette ;
- Le cerfeuil ;
- La claytone de Cuba, aussi appelée pourpier d’hiver ;
- Certaines variétés de laitues d’hiver ;
- Les oignons blancs adaptés à l’hivernage ;
- Le cerfeuil tubéreux ;
- L’angélique et le cerfeuil vivace.
Semez dans une terre finement préparée et suffisamment humide. À cette période, la levée est plus lente qu’en été. Maintenez donc le sol légèrement humide, sans le détremper.
Les semis tardifs de navet Cima di Rapa, de moutardes asiatiques ou de radis restent possibles, mais leur réussite dépend davantage de la douceur de l’automne. Sous un climat frais, mieux vaut les installer sous abri.
Semez les laitues d’hiver
La deuxième quinzaine de septembre constitue l’une des dernières périodes favorables pour semer les laitues destinées à passer l’hiver. Elles formeront de jeunes plants avant les premiers froids, resteront au repos pendant l’hiver et reprendront leur croissance dès la fin de celui-ci.
Semez-les en pépinière, en pleine terre ou sous abri. Repiquez les plants lorsqu’ils possèdent quatre à cinq vraies feuilles, généralement trois à cinq semaines après le semis selon la température.
Parmi les variétés adaptées à cette culture, vous pouvez choisir :
- La laitue d’hiver de Grand-Mère ;
- La Baquieu ;
- La laitue des Verrières ;
- La Passion Brune ;
- La Saint-Antoine ;
- La Rougette de Montpellier.
Installez-les dans une terre drainante et espacez suffisamment les plants pour favoriser la circulation de l’air. En sol lourd et humide, une culture sous abri ou sur une petite butte limite les risques de pourriture pendant l’hiver.
Les semis à réaliser sous abri
Une serre froide, un châssis ou un petit tunnel permet de prolonger sensiblement la saison. Vous pouvez y semer :
- Des épinards ;
- De la mâche ;
- Du cerfeuil ;
- De la claytone de Cuba ;
- Des radis ;
- De la roquette ;
- Des moutardes asiatiques ;
- Des oignons blancs ;
- Des laitues d’hiver ;
- Certains choux de printemps.
Aérez l’abri pendant les journées douces. Une atmosphère constamment confinée et humide favorise la fonte des semis et les maladies du feuillage.
Si vous ne possédez pas de serre, réalisez vos semis en pleine terre et installez un mini-tunnel avant les premières gelées. Ne le fermez cependant pas en permanence tant que les températures restent douces.
Semez un engrais vert sur les parcelles libérées
Une fois les cultures récoltées, évitez de laisser le sol nu pendant tout l’hiver. La pluie peut tasser la surface, favoriser l’érosion et entraîner une partie des éléments minéraux vers les couches profondes.
Après la mi-septembre, privilégiez les engrais verts suffisamment rustiques pour résister à l’hiver :
- Le seigle ;
- La vesce d’hiver ;
- La féverole ;
- Un mélange spécial hiver associant céréales et légumineuses.
La moutarde et les mélanges à croissance rapide peuvent encore être semés si l’automne reste doux. Ils produiront toutefois moins de biomasse qu’après un semis réalisé en août ou au début du mois de septembre, et la moutarde sera généralement détruite par les fortes gelées.
Avant de semer, retirez les adventices déjà installées, ameublissez légèrement la surface et semez à la volée. Passez ensuite le râteau et tassez le sol pour mettre les graines en contact avec la terre.
Découvrez comment semer et réussir vos engrais verts et retrouvez nos graines d’engrais verts bio.
Continuez à désherber les cultures d’automne
Le retour des pluies relance souvent la germination des adventices. Un désherbage réalisé maintenant évite qu’elles concurrencent les jeunes mâches, laitues, épinards et autres semis d’arrière-saison.
Intervenez de préférence lorsque les mauvaises herbes sont encore jeunes. Un passage léger de binette suffit alors à les éliminer sans bouleverser le sol. Profitez également de cette période pour retirer soigneusement les plantes vivaces comme le rumex, le chiendent ou le chardon, en extrayant autant que possible leurs racines.
Évitez de biner profondément à proximité des légumes récemment semés. Leurs jeunes racines restent fragiles et très superficielles.
Aidez les dernières tomates à mûrir
En extérieur, les tomates bénéficient encore des journées ensoleillées, mais la baisse des températures et l’augmentation de l’humidité accroissent le risque de mildiou.
Retirez les feuilles jaunies, malades ou en contact avec le sol. Vous pouvez aussi supprimer quelques feuilles qui masquent directement les fruits, mais évitez d’effeuiller excessivement les plants : le feuillage reste indispensable à la photosynthèse et protège les tomates des variations brutales de température.
Supprimez les nouvelles fleurs et les très petits fruits qui n’auront probablement plus le temps de mûrir. La plante pourra ainsi consacrer davantage d’énergie aux tomates déjà formées.
Les purins végétaux ne guérissent pas une attaque de mildiou installée. La prévention repose surtout sur une bonne aération, un arrosage au pied, la protection des plants contre les pluies prolongées et l’élimination rapide des parties atteintes. Consultez notre dossier consacré aux maladies des tomates.
Avant une période froide et humide, récoltez les tomates presque mûres. Faites-les terminer leur maturation dans un endroit sec, aéré et tempéré.
Surveillez la mineuse et la teigne du poireau
Les dégâts observés dans les poireaux peuvent être provoqués par différents ravageurs, notamment la teigne du poireau et la mouche mineuse. Il est important de les distinguer, car leur cycle et les moyens de surveillance ne sont pas identiques.
La mineuse du poireau connaît généralement un vol d’automne. Ses larves creusent des galeries dans les feuilles puis descendent vers le fût. Le moyen de protection le plus fiable consiste à couvrir les cultures avec un voile anti-insectes à mailles fines. Le voile doit être correctement fermé sur les côtés et ne pas laisser d’ouverture au niveau du sol.
Les pièges à phéromones servent principalement à détecter et à suivre le vol de la teigne du poireau. Ils ne remplacent pas toujours une protection physique.
Apprenez à reconnaître la mouche mineuse et à protéger vos poireaux.
Limitez les dégâts des limaces
Les pluies de fin d’été et les températures encore douces créent des conditions favorables aux limaces. Les jeunes semis de laitues, d’épinards et de mâche sont particulièrement vulnérables.
Inspectez régulièrement les cultures en soirée ou tôt le matin. Retirez les limaces visibles et éliminez, à proximité immédiate des semis, les refuges où elles peuvent se cacher pendant la journée : planches abandonnées, pots retournés et végétation en décomposition.
Les limaces pondent également en automne. Une surveillance régulière permet donc de limiter à la fois les dégâts immédiats et une partie de la population présente au printemps suivant.
Protégez les légumes racines des campagnols
Les carottes, betteraves, panais, céleris-raves et autres légumes conservés en terre peuvent attirer les campagnols. Surveillez l’apparition de galeries, de monticules de terre et de racines rongées.
Si les dégâts deviennent importants, utilisez des pièges mécaniques adaptés aux campagnols et vérifiez-les régulièrement. Les pièges doivent être installés directement dans les galeries actives. Découvrez également comment reconnaître les principaux rongeurs du potager et limiter leurs dégâts.
Récoltez et préparez les légumes à conserver
La deuxième quinzaine de septembre est aussi une période de récolte abondante. Récoltez progressivement :
- Les tomates, courgettes, haricots et poivrons encore productifs ;
- Les pommes de terre lorsque leur feuillage est complètement desséché ;
- Les oignons et échalotes suffisamment secs ;
- Les courges lorsque leur pédoncule commence à durcir et que leur écorce ne se marque plus facilement avec l’ongle ;
- Les graines des variétés que vous souhaitez reproduire.
Laissez sécher les pommes de terre, oignons, échalotes et courges avant de les entreposer. Ne conservez que les légumes sains et non blessés, car une petite lésion peut rapidement devenir une porte d’entrée pour les pourritures.
Entretenez le compost
Les récoltes et le nettoyage du potager produisent beaucoup de matière végétale. Ajoutez-la progressivement au compost en alternant les matières fraîches et humides avec des matières plus sèches et riches en carbone, comme des feuilles mortes, de la paille broyée ou du carton brun non imprimé.
Si le compost est tassé ou dégage une mauvaise odeur, brassez-le pour rétablir la circulation de l’air. S’il est trop sec, humidifiez-le légèrement. Sa texture doit rappeler celle d’une éponge essorée : humide, mais sans écoulement d’eau lorsqu’on le presse.
Évitez de retourner inutilement un compost déjà mûr. Vous pouvez également ajouter de petites quantités de feuilles de consoude, en les mélangeant aux autres matières plutôt qu’en formant une couche compacte.
En résumé : les priorités de la fin septembre
Durant la deuxième quinzaine de septembre, concentrez-vous sur cinq tâches principales :
- Semer les légumes résistants au froid ;
- Installer les laitues d’hiver et protéger les semis tardifs ;
- Couvrir les parcelles libres avec un engrais vert adapté ;
- Surveiller les tomates, les poireaux, les limaces et les campagnols ;
- Récolter et conserver soigneusement les légumes arrivés à maturité.
Ces quelques travaux permettent de prolonger les récoltes, de préparer les cultures d’hiver et de conserver un sol vivant et protégé jusqu’au printemps.
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